Comment économiser du fourrage ? par l'Institut de l'Elevage

Revue de presse - lun 22/10/2018 - 14:13

Comment économiser du fourrage ?

L’institut de l’élevage aborde toutes les pistes possibles.

 

1. Ajuster les effectifs sans décapitaliser

L’Idele explique : « L’ajustement des effectifs est un levier efficace pour réduire les besoins fourragers de l’exploitation en période de sécheresse. Sans décapitaliser inconsidérément afin de conserver le potentiel de production de l’exploitation, des règles claires doivent guider les éleveurs dans leur stratégie. » Pour cela, deux voies sont à privilégier :

À court terme, réformer et limiter les finitions : on parle ici de vaches improductives ou à cellules qui pénalisent le prix du lait et qui coûtent très cher. La vente immédiate des réformes évite également qu’elles ne consomment du fourrage et permet de dégager un peu de trésorerie. Le tarissement peut être allongé pour réduire les consommations : l’idéal est de viser 8 semaines pour que la mamelle se repose suffisamment.

À moyen terme, adapter le nombre de génisses élevées en vue du renouvellement : il est conseillé de vêler 5 à 6 génisses pour 100 000 litres de lait produit pour un renouvellement minimum. Il faudra alors ajuster l’effectif des génisses de plus de 14 mois. L’idele rappelle quelques chiffres : 500 à 600 € de charges opérationnelles/génisse élevée avec une consommation de 5,2 tonnes MS de fourrage (1 t MS de 0 à 1 an, 3,2 t MS de 1 à 2 ans et 1 t MS de 2 ans au vêlage). »

 

Il faut maintenir le chiffre d’affaire (volume de lait) pour payer les charges. L’efficacité alimentaire est le levier efficace : plus de lait avec autant de kg de fourrage ingérée. L’aliment liquide DIELNA améliore la digestion et permet d’extraire plus d’énergie du fourrage. L’essai réalisé au CRZA avec un aliment liquide DIELNA le montre

 

 

L’Aliq DIELNA augmente la digestibilité du maïs ensilage. C’est prouvé !

 


*cas d’une ration avec 12kg de MS de maïs ensilage

 

 

2. Penser aux coproduits et calculer leur intérêt économique

Les coproduits représentaient un volume de plus de 12 millions de tonnes MS toutes filières confondues en 2015. Ils peuvent combler les déficits et parfois à moindre frais. Pour cela, il faut d’abord définir sa place dans la ration : est-ce qu’il s'agira d'une solution de dépannage ou d'une utilisation régulière ? Il faut aussi prendre en compte leur valeurs alimentaires.

 

 

3. De la paille dans la ration : oui mais…

Encombrante mais peu digestible, la paille peut être intégrée à la ration des animaux aux besoins modérés (génisses de plus de 15 mois ou vaches allaitantes avant le 8e mois de gestation) à condition qu’elle soit bien complémentée.

 

Il faut prêter une attention particulière à la paille distribuée : les conditions humides du printemps ont été favorables au développement des moisissures. Pour améliorer sa digestibilité, il conviendra d’apporter de l’azote soluble et les glucides rapidement fermentescibles qui font défaut (aliment liquide, concentrés azotés ou coproduits tels que le corn gluten feed ou les drèches). Attention à ne pas négliger l’apport minéral et vitaminique. Lorsque l’apport de concentré dépasse 3 kg/j/animal, il est indispensable de le fractionner.

 

Pour des vaches après le sevrage, il faudra compléter avec 1,5 à 2 kg de concentrés ou avec un aliment liquide sachant que sa mise en œuvre est exigeante en travail. La paille seule ne permet pas de maintenir les vaches en état. Pour des vaches suitées, il convient d’ajouter 2 kg de concentrés aux préconisations indiquées pour éviter leur tarissement. Concernant les génisses de 1 à 2 ans, même si la paille fortement complémentée peut être une solution, une distribution de foin complété par 1 kg de concentré/jour est à préférer pour assurer une croissance minimale de 400 g/j.

 

Pour des jeunes bovins en engraissement, la paille a pour but d’apporter un support fibreux nécessaire au bon fonctionnement du rumen qui se verra recevoir des concentrés en quantité importante (+ de 50 % de la MS ingérée). La paille doit être distribuée à volonté et en brins longs et l’apport de concentrés doit être fractionné.

 

Du pâturage hivernal pour les bovins allaitants

Les quelques millimètres tombés récemment dans certaines régions suffiront-ils à faire repartir la végétation ? Cela reste à voir ! Pour l’hiver, si le temps sec persiste et que les conditions de portance sont réunies, on pourra envisager une conduite en pâturage hivernal d’une partie du troupeau complémenté ou non, notamment pour des bovins allaitants.

 

Même s'ils doivent être complémentés, les bovins conduits à l'extérieur l'hiver permettent une économie de paille et libèrent des places en bâtiment. Il faudra alors se tourner vers un chargement peu élevé pour ne pas affecter la repousse du printemps ou au contraire sacrifier une parcelle pour qu’elle serve de parking. »